29/10/2014

Théodore de BANVILLE 1841


Bien souvent je revois ...

Bien souvent je revois sous mes paupières closes,
La nuit, mon vieux Moulins bâti de briques roses,
Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,
Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul,
Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes,
Le ciel de mon enfance où volent des colombes,
Les larges tapis d’herbe où l’on m’a promené
Tout petit, la maison riante où je suis né
Et les chemins touffus, creusés comme des gorges,
Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges,
À qui mes souvenirs les plus doux sont liés.
Et son sorbier, son haut salon de peupliers,
Sa source au flot si froid par la mousse embellie
Où je m’en allais boire avec ma soeur Zélie,
Je les revois ; je vois les bons vieux vignerons
Et les abeilles d’or qui volaient sur nos fronts,
Le verger plein d’oiseaux, de chansons, de murmures,
Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mûres,
Et j’entends près de nous monter sur le coteau
Les joyeux aboiements de mon chien Calisto !

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25/10/2014

Marie TRINI

 

 

 EL AMOR     (( l'amour ))

 

L'amour est une goutte d'eau dans un verre

C'est un long parcours sans se parler

C'est un fruit pour deux

L'amour est un espace

Ou il n'y a pas de place pour

Quelque chose qui ne soit pas aimer

Si ce n'est entre toi et moi

L'amour c'est pleurer lorsqu'il nous dit adieu

L'amour c'est rêver en écoutant une chanson

C'est me pardonner toi et te comprendre moi

C'est arrêter le temps d'une horloge

C'est chercher un endroit ou écouter ta voix

C'est créer un monde entre les deux

C'est me pardonner toi et te comprendre moi

C'est une bouche dont la saveur est miel .

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21/10/2014

RENEE VIVIEN

Vieillesse commençante

C'est en vain aujourd'hui que le songe me leurre.
Me voici face à face inexorablement
Avec l'inévitable et terrible moment :
Affrontant le miroir trop vrai, mon âme pleure.

Tous les remèdes vains exaspèrent mon mal,
Car nul ne me rendra la jeunesse ravie...
J'ai trop porté le poids accablant de la vie
Et sanglote aujourd'hui mon désespoir final.

Hier, que m'importaient la lutte et l'effort rude !
Mais aujourd'hui l'angoisse a fait taire ma voix.
Je sens mourir en moi mon âme d'autrefois,
Et c'est la sombre horreur de la décrépitude !

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02:32 Écrit par DANY | Lien permanent | Commentaires (31) |  Facebook

17/10/2014

Charles BAUDELAIRE

  JE NE SAIS POURQUOI

 

Je ne sais pourquoi

Mon esprit amer

D'une aile inquiète et folle vole sur la mer,

Tout ce qui m'est cher,

D'une aile d'effroi

Mon amour le couve au ras des flots . Pourquoi,

Pourquoi ?

 

Mouette à l'essor mélancolique,

Elle suit la vague, ma pensée,

A tous les vents du ciel balancée,

Et biaisant quand la marée oblique,

Mouette à l'essor mélancolique

 

Ivre de soleil

Et de liberté

Un instinct la guide à travers cette immensité .

La brise d'été

Sur le flot vermeil

Doucement la porte en un tiède demi-sommeil .

 

Parfois si tristement elle crie

Qu'elle alarme au loin le pilote,

Puis au gré du vent se livre et flotte

Et plonge, et l'aile toute meurtrie

Revole, et puis si tristement crie !

 

Je ne sais pourquoi

Mon esprit amer

D'une aile inquiète et folle vole sur le mer tout ce qui m'est cher

D'une aile d'effroi

Mon amour le couve au ras des flots . POURQUOI

 

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13/10/2014

Henry SPIESS

  L'AMOUR OFFENSE

 

Tu es nomade, vagabonde,

Et ton regard n'est pas d'ici,

Ni ton amour, ni ton souci,

Ni ta peine à jamais profonde .

 

L'air qui passe, la flamme et l'eau,

Sont ta demeure , ta patrie,

Et tu redoutes, douce amie,

Le feu qui tremble au foyer clos .

 

Ah ! Départs et chemins du monde !

Tréteaux clairs et masques dorés !...

Tu es nomade, vagabonde,

Et rien en toi ne peut durer .

 

Car tu poursuis, vers quelles fêtes

De tristesse ou d'âpre plaisir,

Sans qu'un regret vienne fléchir

Ton coeur errant que rien n'arrête .

 

Bleu crépuscule aux mains pensives,

Silencieux et tendre ami,

Berce mon âme d'aujourd'hui

Selon tes mains persuasives .

 

Vois son trouble, vois son désir

Et son tourment, la peine après peine …

Ah ! Berce-la, pour endormir

Son effroi de la nuit prochaine ;

 

Et lui laisse enfin, t'en allant,

Un peu d'espoir qui se prolonge,

Tendre ami, crépuscule errant,

Bleu crépuscule ami des songes ! ...

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01:31 Écrit par DANY | Lien permanent | Commentaires (32) |  Facebook

08/10/2014

Marguerite De VALOIS

   LA LUNE DES FLEURS

 

Douce lune des fleurs, j'ai perdu ma couronne !

Je ne sais quel orage a passé sur ces bords .

Des chants de l'espérance il éteint les accords,

Et dans la nuit qui m'environne,

Douce lune des fleurs, j'ai perdu ma couronne !

 

Jette-moi tes présents, lune mystérieuse,

De mon front qui pâlit ranime les couleurs :

J'ai perdu ma couronne et j'ai trouvé des pleurs :

Loin de la foule curieuse,

Jette-moi tes présents, lune mystérieuse .

 

Entrouvre d'un rayon les noires violettes,

Douces comme les yeux d'un séduisant amour .

Tes humides baisers hâteront leur retour .

Pour cacher mes larmes muettes,

Entrouvre d'un rayon les noires violettes .

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08:21 Écrit par DANY | Lien permanent | Commentaires (22) |  Facebook

04/10/2014

Esther GRANEK

BRUYANTS SILENCE

C'est le grand silence de la vie .

qui me tinte aux oreilles.

C’est vilain silence qui glapit
rien qu’à lui-même pareil.

C’est bruyant silence de la foule
caquetant tout son saoul.

C’est parfait silence de parlotes
où chacun radote.

Et dans ce guignol
qui ricane
qui rigole
qui me suit
me poursuit
et encore mieux m’isole,
c’est le dur silence de la vie
qui me tinte aux oreilles.

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01:25 Écrit par DANY | Lien permanent | Commentaires (31) |  Facebook