28/06/2012

BERNARD DE VENTADOUR VERS 1170


 

J'AI LE CŒUR

 

J'ai le cœur si plein de joie

Qu'il transmue nature ;

Le gel me semble fleur blanche,

Vermeille et dorée .

Avec le vent et la pluie

Mon bonheur s'accroît

C'est pourquoi mon prix s'exalte

Et mon chant s'épure .

J'ai tant d'amour au cœur,

De joie et de douceur

Que frimas est une fleur

Et neige, verdure .

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25/06/2012

STEPHANE MALLARME ( 1842/1889

 

 

APPARITION

 

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs

Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs

Vaporeuse, tiraient de mourantes violes

De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles .

C'était le jour béni de ton premier baiser .

Ma songerie aimant à me martyriser

S'enivrait savamment du parfum de tristesse

Que même sans regret et sans déboire laisse

La cueillaison d'un rêve au cœur qui l'a cueilli .

J'errais donc, l'œil rivé sur le pavé vieilli

Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue

Et dans le soir, tu m'es en riant apparue

Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfants gâté

Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées

Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées .

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22/06/2012

JOSE-MARIA DE HEREDIA 1842 / 1905


Fleurs de feu

Bien des siècles depuis les siècles du Chaos,
La flamme par torrents jaillit de ce cratère,
Et le panache igné du volcan solitaire
Flamba plus haut encor que les Chimborazos.

Nul bruit n'éveille plus la cime sans échos.
Où la cendre pleuvait l'oiseau se désaltère ;
Le sol est immobile et le sang de la Terre,
La lave, en se figeant, lui laissa le repos.

Pourtant, suprême effort de l'antique incendie,
A l'orle de la gueule à jamais refroidie,
Éclatant à travers les rocs pulvérisés,

Comme un coup de tonnerre au milieu du silence,
Dans le poudroîment d'or du pollen qu'elle lance
S'épanouit la fleur des cactus embrasés.

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19/06/2012

RENEE VIVIEN 1877 / 1909


Vieillesse commençante

C'est en vain aujourd'hui que le songe me leurre.
Me voici face à face inexorablement
Avec l'inévitable et terrible moment :
Affrontant le miroir trop vrai, mon âme pleure.

Tous les remèdes vains exaspèrent mon mal,
Car nul ne me rendra la jeunesse ravie...
J'ai trop porté le poids accablant de la vie
Et sanglote aujourd'hui mon désespoir final.

Hier, que m'importaient la lutte et l'effort rude !
Mais aujourd'hui l'angoisse a fait taire ma voix.
Je sens mourir en moi mon âme d'autrefois,
Et c'est la sombre horreur de la décrépitude !

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16/06/2012

JEAN-PIERRE CLARIS DE FLORIAN 1755 / 1794

UN BEAU POEME INHABITUEL CHEZ MOI((j'ai un autre blog pour ça )) LES DEUX BREBIS DE MA FILLE JANIE ET UNE DE SES TROIS CHIENNES LILAS VENANT DE LA SPA



La brebis et le chien

La brebis et le chien, de tous les temps amis,
Se racontaient un jour leur vie infortunée.
Ah ! Disait la brebis, je pleure et je frémis
Quand je songe aux malheurs de notre destinée.
Toi, l'esclave de l'homme, adorant des ingrats,
Toujours soumis, tendre et fidèle,
Tu reçois, pour prix de ton zèle,
Des coups et souvent le trépas.
Moi, qui tous les ans les habille,
Qui leur donne du lait, et qui fume leurs champs,
Je vois chaque matin quelqu'un de ma famille
Assassiné par ces méchants.
Leurs confrères les loups dévorent ce qui reste.
Victimes de ces inhumains,
Travailler pour eux seuls, et mourir par leurs mains,
Voilà notre destin funeste !
Il est vrai, dit le chien : mais crois-tu plus heureux
Les auteurs de notre misère ?
Va, ma soeur, il vaut encor mieux
Souffrir le mal que de le faire.

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DORIS ET SALAKYS

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13/06/2012

LEON-PAMPHILE LE MAY 1837 / 1918


Les Yeux

Il est un oeil si doux et si plein de candeur
Qu'on dirait une étoffe en la nuit presque éteinte.
La mer au fond d'un autre a mis sa fauve teinte.
Un troisième est fait d'ombre. Et tous ont leur splendeur.

Sous leurs cils veloutés il n'est pas de froideur
Quand le coeur aime. Et nul ne peut fuir leur atteinte.
L'âme vibre bientôt comme un métal qui tinte,
Quand ils plongent brûlants jusqu'en sa profondeur.

L'oeil d'azur est rempli de promesses suaves ;
L'oeil noir semble parfois foudroyer ses esclaves ;
Comme la mer, l'oeil gris a d'étonnants réveils.

Et ces yeux, si divers par l'éclat et le charme,
Seront plus beaux encore et deviendront pareils
Quand ils regarderont à travers une larme.

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10/06/2012

RAFAEL ALBERTI 1924 cadeau a HECATE

 

 A FEDERICO GARCIA LORCA


cette nuit où le vent et son stylet

poignardent le cadavre de l'été,

j'ai vu, dans ma chambre, se dessiner

ton visage brun au profil gitan.


La vega fleurie. Les fleuves, alfanges

rougies par le sang virginal des fleurs.

Lauriers-roses. Chaumines et prairies.

et dans la sierra, quarante voleurs.


Tu t'es réveillé sous un olivier,

avec près de toi la fleur des comptines.

Ton âme de terre et brise, captive ...


Lors abandonnant, très doux, ses autels,

l'ange des chansons est venu brûler

devant toi une anémone votive.

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03:36 Écrit par DANY | Lien permanent | Commentaires (21) |  Facebook